À partir du 15 mai aux Pays-Bas, Tesla supprime de son configurateur en ligne toutes les versions historiques de son aide à la conduite. Plus de pack acheté une fois pour toutes, plus de version intermédiaire et plus d'Autopilot de série. Seul reste l'abonnement FSD supervisé à 99 € par mois, pendant que les concurrents européens intègrent désormais ces mêmes fonctions sans rien faire payer en plus.
Ce que le configurateur néerlandais affichera après le 15 mai
Trois options ont disparu en quelques semaines sur le site officiel. L'Enhanced Autopilot vendu 3 800 € en achat unique a été retiré dès l'arrivée du FSD. L'Autopilot dit standard, livré de série sur toutes les voitures de la marque depuis une dizaine d'années, ne figure même plus dans la liste des équipements détaillés. Et à compter du 15 mai, le paiement unique du FSD à 7 500 € va lui aussi être retiré, ne laissant que la formule mensuelle à 99 €. Le reste de l'Europe va suivre rapidement, avec une date butoir fixée au 21 mai par Tesla pour finaliser un éventuel achat unique avant le passage au tout-abonnement. La France attend toujours son homologation officielle de la conduite supervisée pour basculer dans le même modèle.
Une équation économique très défavorable
Au tarif néerlandais, il faut tenir l'abonnement environ six ans et trois mois pour atteindre le prix de l'ancien achat unique à 7 500 €, selon les calculs d'Electrek. Autrement dit, un conducteur qui garde sa Tesla une dizaine d'années paiera près de 12 000 € pour bénéficier d'un confort de conduite qui était autrefois inclus dans le prix de sa voiture.
Sur une Model 3 d'entrée de gamme à 36 990 €, c'est l'équivalent du tiers du prix du véhicule consacré à un service logiciel. Et cette équation devient encore plus tendue pour les acheteurs d'une voiture d'occasion, qui héritent désormais d'une auto sans la moindre assistance avancée tant qu'ils n'ouvrent pas leur portefeuille.
L'écart embarrassant avec les marques européennes
Pendant que Tesla retire des fonctions, ses concurrents les ajoutent. Volkswagen propose le centrage actif dans la voie de série sur ses modèles électriques les plus récents comme l'ID.4 et l'ID.7. Toyota intègre désormais son Lane Tracing Assist dans le pack Safety Sense livré de série sur toute la gamme 2026, et Hyundai fait la même chose avec son SmartSense sur des modèles comme l'Ioniq 5.
Pour les marques françaises, ce n'est pas différent : Renault propose le centrage actif de voie sur sa Megane E-Tech, et le groupe Stellantis intègre des dispositifs équivalents sur les dernières plateformes électriques de Peugeot, Citroën et DS, le tout sans frais récurrents.
Tesla devient en fait la rare marque à imposer un paiement récurrent pour une fonctionnalité que le règlement GSR2 ne couvre que partiellement, en laissant les voitures rebondir entre les bandes blanches plutôt que se maintenir au centre de leur file. Pour un constructeur qui a longtemps réussi à faire passer ses véhicules pour des références logicielles face au reste de l'industrie, c'est difficile à comprendre.
On en dit quoi ?
Tesla agit comme si sa domination sur le marché allait être eternelle et qu'elle pouvait se permettre des choix aussi radicaux, sauf que la situation a changé. La concurrence chinoise comme allemande lui met une forte pression. Dans ce contexte, transformer une fonction historiquement offerte en option à 99 € par mois revient à donner un argument supplémentaire à ceux qui hésitent encore. La promesse d'origine de Tesla, à savoir une voiture qui s'enrichit gratuitement au fil des mises à jour logicielles, semble désormais bien lointaine. Et il faudra voir si les acheteurs européens, particulièrement attentifs au coût total de possession, accepteront de transformer leur voiture en service mensuel à durée illimitée.